Étiquetage nutritionnel: qui va décider des notes sur les produits?

Publié le par dans : Actualités, Hygiène.

Le ministère de la Santé va fournir aux industriels un logiciel leur permettant d’évaluer leurs recettes pour l’étiquetage nutritionnel. Ils pourront ensuite choisir de faire figurer ou non la note obtenue. Et, comme pour les produits électroménagers, ils seront soumis à des contrôles aléatoires de la DGCCRF.

Quelle note mérite votre plat de lasagnes surgelées? Pas en matière de goût mais plutôt sur le plan nutritionnel.Autrement ne contient-il pas trop de sel, d’acide gras saturés? Est-il suffisamment riche en minéraux? D’ici quelques mois, c’est ce que vous pourrez vérifier sur les produits de consommation lorsque vous ferez vos courses. Le ministère de la Santé vient d’annoncer l’entrée en vigueur d’un nouvel étiquetage simplifié avec des notes allant de A (le produit est bon pour la santé) à E (le produit contient un excès d’ingrédients qui peuvent être néfastes pour la santé).

Mais qui sera chargé d’indiquer les notes sur le packaging des produits? Alors que l’affaire Volkswagen laisse planer le doute sur la fiabilité des informations communiquées par les marques, nous avons voulu savoir qui allait établir la notation figurant sur cet étiquetage. Ce sont les marques elles-mêmes qui en auront la charge, explique-t-on du côté du ministère de la Santé.

« L’étiquetage Nutri-score n’est pas obligatoire, seul celui de la Commission Européenne sur la teneur des différents nutriments l’est pour le moment, explique Benoît Vallet, le directeur général de la santé au ministère. Mais les marques qui désireront l’appliquer le feront elles-mêmes, il n’y a pas d’organismes chargés d’attribuer les notes des différents produits. En revanche, les inspecteurs de la DGCCRF effectueront des contrôles aléatoires fréquents pour vérifier la conformité. » C’est exactement le même principe que pour l’énergie label pour la consommation des produits d’électroménager.

Distinguer les « bonnes » des « mauvaises » chips

Soit. Mais comment ces industriels vont-ils décider de la note qu’ils pourront indiquer sur leurs produits? Le ministère de la Santé leur a fourni à cet effet un logiciel capable de calculer la valeur nutritionnelle de chaque recette. Il s’agit d’un algorithme mis au point au Royaume-Uni par le professeur Rayner d’Oxford qui travaille pour la Food Standards Agency. Cet algorithme fait la somme des ingrédients en excès et néfastes pour la santé et enlève ensuite au résultat obtenu les points de ceux bons pour l’organisme comme les fibres et les minéraux.

Le résultat est une note qu’on peut convertir en lettre (de A à E donc). L’algorithme en question a d’ailleurs été rendu public et vous pouvez tester les produits que vous avez chez vous grâce à notre simulateur figurant au bas de cet article.

Le principe est simple en théorie. Mais en pratique, il s’avère un peu plus complexe. Difficile en effet de passer tous les produits d’un magasin à travers une même grille de notation. Cela reviendrait à dire que les chips sont toutes dans le rouge et que la salade est systématiquement verte. Ce qui n’a pas grand intérêt. L’idée au contraire est d’encourager les consommateurs à améliorer leur consommation, pas de les culpabiliser d’acheter certains produits.

Les produits étiquetés sont plus achetés

Autrement dit, il faut que pour chaque rayon, il y ait des produits verts pour marquer la différence. Par exemple, au rayon « biscuits apéritifs », les chips au fromage arboreront un rouge vif, quand les chips de tortilla à base de maïs pourraient obtenir un logo vert. Idem pour d’autres produits gras et sucrés comme les céréales, le fromage, les sodas ou même l’huile d’olive. Cette dernière obtiendrait une note dans la moyenne mais pas négative car elle est meilleure pour la santé que le beurre par exemple.

Testé entre septembre et décembre 2016 dans 60 supermarchés (Casino, Carrefour et Auchan) dont la moitié étaient situés dans des zones défavorisées, l’étiquetage a eu des résultats très satisfaisants. « Près de 2 millions de produits ont été étiquetés et achetés durant cette période et nous constatons que les consommateurs ont eu tendance à les acheter davantage que des produits non étiquetés et surtout qu’ils amélioraient la qualité de leur panier sur le plan nutritionnel », assure Benoît Vallet. Prochaine étape: convaincre la Commission Européenne de le rendre obligatoire. Cette dernière fera un bilan des différentes initiatives en la matière d’ici la fin de l’année.

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